Notre connaissance des territoires, et surtout des singularités des territoires, est héritée d’un modèle d’observation souvent simpliste, incomplet et faisant fi de leurs spécificités. Les experts – urbanistes, architectes et autres politiques – réduisent trop souvent ces territoires à de simples fonctions à remplir ou à des besoins utilitaires à assouvir. Cette approche oublie souvent l’importance d’une gouvernance des données territoriales adaptée, qui prend en compte la richesse et la complexité propres à chaque territoire. Autant d’attributs qui sont finalement aisés à intégrer dans une démarche et un modèle strictement analytiques d’étude du réel.
Pourtant, le territoire ne peut en aucune manière s’appréhender uniquement par le biais d’analyses figées ou de visions purement utilitaristes. Véritable écosystème vivant, il cache en son sein un nombre indéfini de paramètres aux vertus multiples, d’interactions et de dynamiques insaisissables. Son potentiel – et donc ses capacités d’organisation – dépasse largement le spectre de nos connaissances actuelles. « Un autre monde est possible », affirment certains, pour nous, il est déjà là, il suffit de le révéler !
Gouvernance : du Contrôle au Partage
Mais alors que nous disposons d’outils technologiques avancés, il semble que le véritable frein à l’évolution des pratiques soit humain. Une forme de limitation de nos capacités intellectuelles, de complaisance aux usages courants, d’auto-censure dont la motivation demeure difficile à cerner.
Ce constat que nous posons peut être la manifestation d’un manque d’ambition de notre part. Nous toutes et tous, citoyens qui occupons l’espace, nous contentons-nous simplement de l’aménager et l’organiser en fonction de nécessités basiques ? Ou, pire encore, laissons-nous les initiatives territoriales aux experts seuls, dans un processus sans véritable collaboration, sans esprit participatif ?
Quoi qu’il en soit, peu importe la cause, comprendre un territoire, l’étymologie le dit, exige de le prendre avec soi. Il faut aussi le prendre en main avec les autres, l’incarner collectivement, le territoire étant l’affaire de toutes et tous. D’où la nécessité de développer cette intelligence collective partagée. Élus, administrateurs et professionnels du territoire continuent à penser qu’ils sont les seuls têtes pensantes et éclairées pour le comprendre et le gouverner. Pourtant, leur clairvoyance ou leur pénétration des affaires du territoire aurait dû les amener à œuvrer pour la fabrication d’outils permettant cette intelligence collective. Dans cette perspective, encourager la mobilisation de chacune et chacun devient essentiel pour une meilleure connaissance des territoires et pour en faire des acteurs responsables. Un modèle systémique favorisant l’échange et qui permet à chacun d’agir de manière vraiment coopérative au service de la connaissance.
Dans cette optique se pose une question fondamentale : celle de la gouvernance des données territoriales. Et contrairement à une croyance généralisée, cette notion n’est pas qu’une question technique. Il s’agit au contraire d’un défi sociétal majeur. Pour le relever, les décideurs doivent avoir le courage d’explorer et d’adopter des formes d’organisation inédites. De nouvelles approches qui doivent pouvoir intégrer l’immense quantité de données qui émergent aujourd’hui, afin de réellement libérer le potentiel unique de chaque territoire.
Intégrer chaque Territoire à une Dynamique d’Échelles
Le modèle de gouvernance des données territoriales que nous plébiscitons reflète une volonté démocratique d’organiser les territoires en valorisant leurs singularités. À partir d’informations provenant des individus et des institutions, notre modèle systémique dynamique offre une fenêtre inédite sur le territoire. Ainsi, ce dernier ne dépend plus d’une perception subjective figée dans le temps par et pour certains. Il intègre un ensemble hétéroclite, centralisé et partagé, toujours ouvert à de nouvelles sources fiables dans un esprit d’engagement collectif.
Le monde n’est pas à chercher ailleurs ; il est là, riche de toutes les possibilités. Notre mission est de le faire fonctionner intelligemment, de l’intégrer à une (ré)organisation globale qui comprend ses dynamiques profondes. Chaque lieu porte en lui les marques du temps, des traditions, des événements passés qui influencent encore ses dynamiques actuelles. Comprendre ces strates du passé nous permet de mieux décrypter le présent et de nous projeter dans le futur.
Dans cette optique, il devient impératif de concevoir et de déployer des solutions et des outils véritablement évolutifs. Et pas seulement en termes de fonctionnalités mais aussi au niveau de ce qu’on appelle communément le « scaling », l’extensibilité. À savoir une capacité à ne pas se limiter à une seule échelle. Et être finalement capables de s’adapter et de connecter plusieurs échelles afin de multiplier les niveaux de compréhension et d’action.
En clair, des données récoltées à l’échelle d’un quartier peuvent être agrégées pour éclairer des décisions au niveau d’une ville, d’une région, voire au-delà. Cette interconnexion des échelles, du local au global, est fondamentale pour une vision holistique dynamique des territoires et une adaptation de leurs modèles. Dès lors, il importe d’analyser et de comprendre toutes leurs dynamiques profondes, qu’elles soient économiques, sociales, culturelles, ou environnementales.
En intégrant ces dynamiques et en les connectant, nous pouvons aspirer à une (ré)organisation qui ne cherche pas à imposer une vision unique. L’enjeu est au contraire de libérer le potentiel intrinsèque de chaque territoire. Il s’agit de catalyser une transformation respectant les spécificités locales et favorisant une vision plus cohérente et interdépendante à l’échelle plus large. En somme, en révélant les liens invisibles et en activant les synergies existantes, nous pouvons passer du simple « réel » à un champ infini de « possibles ».
Refuser le Modèle Statique et Capturer la Singularité en Mouvement
L’imaginaire urbain a souvent imposé une vision unique, réplicable et uniformisée des territoires. Cependant, à l’évidence, le monde est une pluralité de singularités territoriales. Les aspirations des ruraux diffèrent de celles des citadins, comme celles des enfants s’opposent – ou complètent – celles des adultes.
Les discours sur « l’écoute des réalités » restent creux si nous ne disposons pas d’outils pour réellement embrasser ces réalités. Pour les accepter dans leurs contradictions et les faire dialoguer entre elles afin d’enrichir un ensemble complexe. Les choix subjectifs des organisations traditionnelles, souvent liés aux mandats électoraux, masquent l’échec à rendre le réel « désintéressé », au service de tous. Comme le disait Emmanuel Kant, « le beau, c’est l’appréciation désintéressée ». Rendre compte du monde sans nos intérêts directs, c’est en révéler la beauté intrinsèque. Ne limitons pas le réel ; au contraire, assumons sa diversité et sa complexité.
Dans ce cadre, il convient de distinguer et de choisir entre deux approches de la modélisation des données associées aux territoires. La première, dite rationnelle, se contente de reproduire voire d’imiter le territoire de manière objective. Le modèle qui en découle offre une connaissance statique du territoire, il n’en est que la reproduction d’une idée préconçue, une illusion.
La seconde approche, que nous promouvons, relève de la méthode scientifique qui cherche à expliquer une situation. Ce modèle n’est jamais statique ; il s’adapte en permanence au réel. Mû par un processus ouvert et continu, il capte et intègre les informations pour suivre l’évolution ininterrompue du territoire. En choisissant cette approche dynamique, nous révélons la complexité, la diversité et la richesse du monde.
Un Modèle Prospectif : Questionner pour Agir, non pour Prédire
Quoi qu’il en soit, on peut s’accorder sur le fait qu’un modèle adapté ne propose pas de solution toute faite. Il doit avant tout être en mesure de mieux formuler les questions fondamentales d’un territoire. Plutôt que d’imaginer un futur figé, il doit explorer les multiples futurs possibles, leurs conditions d’émergence et leurs implications concrètes.
Ce que l’on appelle « la prospective » répond en de nombreux points à ces postulats de départ. La prospective interroge en effet les dynamiques en cours pour comprendre les transformations sociales, économiques et culturelles déjà à l’œuvre. Elle questionne le présent, l’existant, au lieu de prédire l’avenir. Un tel modèle prospectif offre une vision critique, incitant à reformuler les évidences et à élargir le champ des possibles. Il ne s’agit pas de produire des certitudes, mais d’ouvrir des voies, de stimuler l’attention et de nourrir le débat.
Face à la complexité du réel, le modèle s’apparente à un langage partagé pour dialoguer entre disciplines, secteurs, niveaux de responsabilité… Il produit inévitablement – et c’est tant mieux – des effets sociaux et politiques en réévaluant les priorités, la répartition des moyens ou des droits.
S.of.T-lab inscrit le développement de ses outils dans cette démarche prospective d’apprentissage permanent. Notre modèle intègre les savoirs hérités, les récits vivants et les résistances du réel. Nous croyons fermement en la singularité des territoires sur lesquels nous posons notre regard. Dans leur étude particulière ou intégrée, nous réfutons le conformisme et fuyons les effets d’annonce qui masquent les enjeux profonds.
S.of.T-lab propose des outils d’intelligence pour vous accompagner dans votre stratégie data associée aux territoires. Son modèle inédit de structuration de données constitue un vrai levier prospectif, opérationnel et de gouvernance des données territoriales inclusive.
